Développer une entreprise, autonomiser les femmes agricultrices au Burundi : l'histoire de Totahara

Histoires de réussites, Impacts, Projets du MGF

Christella Ndayishimiye (à gauche), fondatrice de Totahara, et Alice Niyonizeye, responsable de production, présentent leurs produits lors d'une exposition

Pour les agricultrices rurales, une récolte est plus que le fruit d'une saison de travail acharné. C'est une opportunité de gagner un revenu, de soutenir une famille et de construire un avenir plus sûr. Pourtant, sans accès à des semences de qualité, à des marchés fiables et aux compétences pour améliorer la production, transformer une récolte en opportunité économique durable reste un défi.

Dans l'esprit de la Journée internationale des femmes rurales, le projet Agri-Business Facility for Africa (ABF) met en avant comment il soutient une entreprise dirigée par des femmes au Burundi, renforçant sa chaîne d'approvisionnement tout en créant des opportunités pour que les agricultrices rurales puissent recevoir un revenu plus élevé.

Au centre de ce succès se trouve Christella Ndayishimiye, fondatrice de Totahara, une entreprise de transformation alimentaire qui transforme le maïs et d'autres céréales en farine de bouillie nutritive pour enfants et mères. À mesure que la demande pour ses produits augmentait, il devenait de plus en plus difficile d'obtenir des quantités suffisantes de maïs de qualité. Christella voyageait souvent à travers le pays pour trouver des fournisseurs fiables. Aujourd'hui, la situation a  changé.

Mettreles femmes agricultrices en relation avec les marchés
Grâce au Fonds Compétitif de Contrepartie (MGF) de ABF, Totahara et son partenaire du consortium, IPREBAD, ont uni leurs efforts pour renforcer la capacité de production des petits exploitants, y compris celle des groupes féminins Batwa, et pour élargir leurs opportunités de marché. Dans le cadre de ce partenariat, 450 agriculteurs, dont 287 femmes et 379 jeunes, ont acquis des connaissances en entrepreneuriat, agriculture adaptée au climat et bonnes pratiques agricoles (GAP). Un autre résultat a été la connexion de 900 agriculteurs, dont 600 femmes et 750 jeunes, aux marchés via des accords  d’achat. Ensemble, les agriculteurs ont produit 102 tonnes de maïs, vendu via les marchés locaux, dont une partie a été fournie à Totahara. Pour les agriculteurs, ces accords offrent une opportunité de vendre leurs produits et pour Christella, ces accords rendent l'approvisionnement en maïs de qualité plus facile à gérer.

Madame Christella Ndayishimiye, et le Dr Bernard Abgo, conseiller politique chez ABF/GIZ, lors d'une visite à l'usine de production de Totahara au Burundi

Le Fonds Compétitif de Contrepartie (MGF) de l'ABF combine le co-investissement avec des services de développement commercial sur mesure pour aider les agroentreprises à renforcer leur gestion financière, améliorer leur gouvernance et élargir l'accès au marché. Cette approche intégrée permet aux entreprises d'attirer des investissements privés, de développer leurs opérations et de créer des opportunités économiques durables.

« Nous sommes très reconnaissants envers la GIZ. Le projet a soutenu la formation des agriculteurs à la production de maïs de bonne qualité à partir de semences de qualité. Nous avons désormais la chance d'avoir accès à des semences de bonne qualité récoltées par des agriculteurs bien formés qui collaborent avec IPREBAD », déclare Christella.

Transformer les récoltes en revenus et en emplois
L'initiative lancée par Totahara permet aux agriculteurs de gagner davantage. Le revenu moyen des femmes agricultrices est passé d'environ 360 € à 440 €, avec 80 € supplémentaires grâce à la vente de maïs.

L'impact va au-dela  de la production. L'amélioration de l'accès au maïs produit localement a contribué à une augmentation de 16 % du chiffre d'affaires de Totahara. Le projet a également contribué à la création de 19 emplois pour les femmes et les jeunes, dont 16 dans la transformation et trois dans la production primaire de maïs.

Vers l'avenir : plus de production, plus d'opportunités
Christella prépare désormais Totahara pour une nouvelle phase de croissance. Avec le soutien de la Banque mondiale, l'entreprise construit une usine plus grande, avec des plans pour augmenter la production d'une tonne à 10 tonnes par jour.

« Nous produisons actuellement une tonne par jour, mais avec notre nouvelle usine, nous prévoyons d'augmenter la production à 10 tonnes par jour. Cela signifie que nous aurons besoin de beaucoup plus de matières premières, donc les liens avec les producteurs, les associations et les coopératives seront très importants pour nous », explique Christella.

Au-delà de la croissance de l'entreprise, Christella espère que cette expansion aidera l'entreprise à toucher davantage de personnes grâce à ses produits nutritifs et à faire avancer sa mission de lutte contre la malnutrition.

« Ces liens nous aideront également à atteindre notre objectif de lutte contre la malnutrition en fournissant du gruau de bonne qualité aux enfants malnutritionnels et aux femmes enceintes qui en ont besoin pour nourrir leurs enfants », ajoute-t-elle.

Construire une chaîne de valeur agricole plus inclusive
L'expérience de Totahara illustre l'engagement plus large de ABF à renforcer les agroentreprises et à promouvoir une croissance inclusive. À travers l'Afrique, le projet a touché plus de 2 millions de petits exploitants, soutenu plus de 3 000 coopératives et renforcé 71 000 transformateurs. Les femmes représentent respectivement 35 %, 34 % et 92 % des petits exploitants, coopératives et transformateurs. Par ailleurs, plusde 1 000 femmes et hommes ont été formés à intégrer l'égalité des sexes dans leurs entreprises.

À l'occasion de la Journée internationale des femmes rurales, l'article montre comment l'investissement dans les compétences des agriculteurs et ses liens avec le marché peut aider les femmes à accroitre leurs revenus, soutenir des entreprises en croissance et renforcer les chaînes de valeur agricoles.

Le Fonds Compétitif de Contrepartie (MGF) est une initiative du projet Agri-Business Facility for Africa (ABF) dans le cadre de l'Action conjointe « Business Support Facility for Resilient Agricultural Value Chains », cofinancée par l'Union européenne dans le cadre de l'accord sur les Samoa avec l'OACPS et par le Ministère fédéral allemand de la coopération économique et du développement (BMZ) et mise en œuvre par la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) GmbH.

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